Paradoxe de la surliquidité bancaire et du sous-financement de l’économie en République démocratique du Congo

Authors

  • MBAKAMA MINGA Jean Gilbert
  • NDOMBI PUNDA Elvis
  • SUNGANI Emmanuel

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.20492295

Abstract

Résumé

Cette étude analyse le paradoxe bancaire congolais caractérisé par la coexistence d’une surliquidité bancaire chronique et d’un sous-financement persistant de l’économie en République Démocratique du Congo (RDC). Malgré l’abondance des dépôts bancaires et des réserves excédentaires détenues par les banques commerciales auprès de la Banque Centrale du Congo, les crédits accordés aux secteurs productifs demeurent insuffisants, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises. Le faible ratio crédit/PIB illustre cette faiblesse de l’intermédiation financière.

L’étude s’appuie sur une revue de la littérature théorique et empirique relative à la surliquidité bancaire, au rationnement du crédit et à la dollarisation financière. Les théories de l’asymétrie d’information et du comportement prudentiel des banques montrent que les établissements financiers préfèrent conserver des liquidités plutôt que financer des projets jugés risqués. La forte dollarisation de l’économie congolaise accentue ce phénomène en limitant la capacité des banques à transformer les dépôts en devises en crédits destinés à l’économie locale.

Sur le plan méthodologique, l’étude mobilise un modèle ARDL afin d’analyser les relations de court et de long terme entre le ratio prêts/dépôts, le taux de change, l’inflation, la dollarisation et les créances douteuses (NPL) sur la période 2011-2025. Les résultats révèlent l’existence d’une relation de long terme entre ces variables. Les créances en souffrance et l’inflation exercent un effet négatif significatif sur l’intermédiation bancaire, tandis que le taux de change influence positivement le ratio prêts/dépôts à court terme. En revanche, la dollarisation n’apparaît pas statistiquement significative à court terme, bien qu’elle constitue un facteur structurel important.

L’étude conclut que la persistance de la surliquidité bancaire en RDC résulte principalement de la faiblesse du cadre institutionnel, de l’instabilité macroéconomique, du risque de change, du poids des créances douteuses et de la forte dollarisation. Elle recommande notamment le renforcement de la supervision bancaire, la réduction des NPL, le développement des infrastructures d’information financière et la stabilisation macroéconomique afin d’améliorer le financement de l’économie réelle.

Mots clé : Surliquidité bancaire ; sous-financement ; paradoxe bancaire ; dollarisation ; NPL ; ratio prêts/dépôts ; rationnement du crédit ; thésaurisation bancaire.

 

 

Abstract

This study analyzes the Congolese banking paradox characterized by the coexistence of chronic banking excess liquidity and persistent underfinancing of the economy in the Democratic Republic of Congo (DRC). Despite abundant bank deposits and substantial excess reserves held by commercial banks at the Central Bank of Congo, credit granted to productive sectors remains insufficient, particularly for small and medium-sized enterprises. The low credit-to-GDP ratio reflects the weakness of financial intermediation in the country.

The study is based on a theoretical and empirical literature review on banking excess liquidity, credit rationing, and financial dollarization. Theories of information asymmetry and banks’ precautionary behavior suggest that financial institutions prefer to hold liquid assets rather than finance projects perceived as risky. The high level of dollarization in the Congolese economy further aggravates this phenomenon by limiting banks’ ability to transform foreign currency deposits into loans for the domestic economy.

Methodologically, the study uses an ARDL model to analyze the short- and long-run relationships between the loan-to-deposit ratio, exchange rate, inflation, dollarization, and non-performing loans (NPLs) over the period 2011–2025. The findings reveal the existence of a long-run relationship among these variables. Non-performing loans and inflation exert a significant negative effect on banking intermediation, while the exchange rate positively affects the loan-to-deposit ratio in the short run. However, dollarization does not appear statistically significant in the short term, although it remains a major structural factor.

The study concludes that persistent banking excess liquidity in the DRC mainly results from weak institutional frameworks, macroeconomic instability, exchange rate risk, the burden of non-performing loans, and widespread dollarization. It recommends strengthening banking supervision, reducing NPLs, developing financial information infrastructures, and stabilizing the macroeconomic environment in order to improve financing for the real economy.

Keywords: Banking overliquidity; underfunding; banking paradox; dollarization; NPL; loan/deposit ratio; credit rationing; banking hoarding.

Published

2026-06-01

How to Cite

MBAKAMA MINGA Jean Gilbert, NDOMBI PUNDA Elvis, & SUNGANI Emmanuel. (2026). Paradoxe de la surliquidité bancaire et du sous-financement de l’économie en République démocratique du Congo . African Scientific Journal, 3(36), 0643 . https://doi.org/10.5281/zenodo.20492295