De la firme contractuelle à la banque systémique : relecture théorique et prudentielle de la gouvernance bancaire
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.18900134Résumé
Résumé
La gouvernance d’entreprise est traditionnellement fondée sur une approche contractuelle qui considère la firme comme un nœud de contrats reliant actionnaires, dirigeants et créanciers, avec pour objectif principal la réduction des conflits d’agence. Toutefois, l’application de ce cadre analytique au secteur bancaire révèle des limites importantes en raison du fort levier financier des banques, de leur opacité informationnelle et de leur rôle systémique dans la stabilité économique. Dans ce contexte, l’objectif de cet article est de proposer une relecture théorique et prudentielle de la gouvernance bancaire afin de mieux comprendre les spécificités institutionnelles et réglementaires qui caractérisent les établissements bancaires.
Sur le plan méthodologique, cette recherche repose sur une revue analytique de la littérature consacrée à la gouvernance d’entreprise, à la régulation bancaire et aux mécanismes prudentiels mis en place après la crise financière internationale de 2008. L’analyse mobilise un corpus de travaux académiques ainsi que des contributions institutionnelles portant sur la gouvernance bancaire et la stabilité financière. Les cadres théoriques de la théorie de l’agence, de la théorie des coûts de transaction et de l’approche des parties prenantes sont mobilisés afin d’examiner leur capacité explicative dans le contexte spécifique des institutions bancaires.
Les résultats de l’analyse montrent que la gouvernance bancaire dépasse le cadre traditionnel de la gouvernance actionnariale et s’inscrit dans une architecture institutionnelle plus large combinant discipline de marché, mécanismes internes de contrôle et supervision prudentielle. L’étude met ainsi en évidence que la gouvernance bancaire constitue un modèle hybride intégrant à la fois les logiques contractuelles de la gouvernance d’entreprise et les exigences de régulation visant à préserver la stabilité du système financier.
En conclusion, l’article souligne que la gouvernance bancaire peut être interprétée comme une extension institutionnalisée du modèle contractuel classique, dans laquelle la dimension systémique et l’objectif de stabilité financière occupent une place centrale, ce qui justifie l’élaboration d’un cadre conceptuel spécifique au secteur bancaire.
Mots clés :
Gouvernance d’entreprise ; Gouvernance bancaire ; Régulation prudentielle ; Risque systémique ; Stabilité financière
Abstract
Corporate governance has traditionally been grounded in a contractual approach that views the firm as a nexus of contracts linking shareholders, managers, and creditors, with the primary objective of mitigating agency conflicts. However, the application of this analytical framework to the banking sector reveals significant limitations due to banks’ high financial leverage, informational opacity, and their systemic role in maintaining economic stability. In this context, the objective of this article is to provide a theoretical and prudential reassessment of banking governance in order to better understand the institutional and regulatory specificities that characterize banking institutions.
From a methodological perspective, this study relies on an analytical review of the literature on corporate governance, banking regulation, and the prudential mechanisms implemented in the aftermath of the 2008 global financial crisis. The analysis draws on a corpus of academic contributions as well as institutional reports addressing banking governance and financial stability. The theoretical frameworks of agency theory, transaction cost theory, and the stakeholder approach are mobilized to examine their explanatory power within the specific context of banking institutions.
The findings indicate that banking governance extends beyond the traditional shareholder-oriented governance framework and operates within a broader institutional architecture that combines market discipline, internal control mechanisms, and prudential supervision. The study thus highlights that banking governance constitutes a hybrid model integrating both the contractual logic of corporate governance and regulatory requirements aimed at safeguarding financial system stability.
In conclusion, the article argues that banking governance can be interpreted as an institutionalized extension of the traditional contractual model, in which the systemic dimension and the objective of financial stability play a central role, thereby justifying the development of a conceptual framework specifically tailored to the banking sector.
Keywords:
Corporate governance; Bank governance; Prudential regulation; Systemic risk; Financial stability.
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