Approvisionnement de légumes dans la ville de Bukavu : Une analyse des circuits de commercialisation
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.19340641Résumé
Résumé
Cette étude a porté sur les sources d’approvisionnement en légumes dans la ville de Bukavu. Elle s’est appuyée sur deux cadres théoriques complémentaires : la chaîne de valeur, une théorie utilisée pour analyser les étapes de la filière et les pertes de valeur, et la théorie des réseaux d’acteurs de Latour, permettant de comprendre les interactions entre acteurs humains et non humains. Sur le plan méthodologique, la recherche a combiné une enquête quantitative auprès de 150 vendeurs choisis dans les marchés d’Ibanda, Bagira et Kadutu, ainsi que 15 entretiens qualitatifs menés avec les présidents de marchés, des productrices-vendeuses de légumes, la Ligue des Consommateurs du Sud-Kivu (LICOSKI) et la Division provinciale de l’Agriculture. Le profil sociodémographique des enquêtés révèle une majorité de femmes (81,33 %) et de jeunes issus de milieux ruraux. Les résultats montrent que les légumes consommés et vendus à Bukavu proviennent principalement du territoire de Kabare (76,7 %), répartis entre plusieurs groupements : Bugorhe (39,9 %), Irhambi-Katana (17,5 %), Mudusa (11,4 %) et Cirunga (41,2 %). En raison d’une production locale insuffisante, le Rwanda contribue à hauteur de 22 % à l’approvisionnement, notamment en saison sèche, période marquée par une baisse de la production et une moindre diversification des légumes, surtout dans les marchés proches de la frontière tels que Nguba et Nyawera. Une faible part (1,3 %) provient du territoire d’Idjwi. Bien que Bukavu, en tant que grande ville, dispose du potentiel pour atteindre l’autosuffisance, plusieurs contraintes entravent son approvisionnement : la dégradation des routes agricoles, le manque d’infrastructures de stockage, l’insuffisance de capital, l’insécurité et la concurrence des produits importés. L’étude recommande la réhabilitation des infrastructures, le soutien à la production locale par le crédit et la formation, la meilleure organisation des marchés et la sensibilisation des consommateurs à privilégier les produits locaux. Elle reconnaît toutefois certaines limites, notamment l’absence d’analyse des marchés périphériques, et propose d’y consacrer de futures recherches.
Mots-clés : Approvisionnement, Légumes, Circuits, Commercialisation, Bukavu.
Abstract
This study examines the vegetable supply chains in the city of Bukavu, grounded in two complementary theoretical frameworks: Value Chain Theory, utilized to analyze the various stages of the sector and value dissipation, and Latour’s Actor-Network Theory (ANT), which facilitates an understanding of the interactions between human and non-human actors. Regarding the methodology, this research adopted a mixed-methods approach, combining a quantitative survey of 150 vendors selected from the Ibanda, Bagira, and Kadutu markets with 15 qualitative interviews conducted with market chairpersons, female producer-vendors, the South Kivu Consumers League (LICOSKI), and the Provincial Division of Agriculture. The socio-demographic profile of the respondents reveals a significant majority of women (81.33%) and youth originating from rural areas. The results demonstrate that vegetables consumed and sold in Bukavu are primarily sourced from the Kabare territory (76.7%), distributed across several administrative groupings (groupements): Bugorhe (39.9%), Irhambi-Katana (17.5%), Mudusa (11.4%), and Cirunga (41.2%). Due to insufficient local production, Rwanda contributes 22% of the supply, particularly during the dry seasona period characterized by a decline in output and reduced crop diversification, especially in markets near the border such as Nguba and Nyawera. A marginal share (1.3%) originates from the Idjwi territory. While Bukavu, as a major urban center, possesses the potential to achieve self-sufficiency, several constraints impede its supply: the degradation of agricultural feeder roads, a lack of storage infrastructure, insufficient capital, insecurity, and competition from imported products. The study recommends the rehabilitation of infrastructure, support for local production through credit facilities and technical training, improved market organization, and consumer awareness campaigns to prioritize local produce. Finally, the research acknowledges certain limitations, notably the exclusion of peri-urban markets from the analysis, and suggests these as focal points for future research.
Keywords: Supply, Vegetables, Distribution Channels, Marketing, Bukavu
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