La gouvernance universitaire et performance organisationnelle : une analyse qualitative des mécanismes intermédiaires - le cas de Université Ibn Zohr
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.20271855Résumé
RÉSUMÉ
La relation entre gouvernance et performance organisationnelle dans les universités publiques marocaines a principalement été abordée à travers des approches quantitatives, laissant peu de place à l’analyse des processus internes qui structurent cette relation. Cette recherche propose une lecture qualitative et interprétativiste, fondée sur une étude de cas approfondie de l’Université Ibn Zohr. À partir de huit entretiens semi-directifs menés auprès d’acteurs aux profils diversifiés (enseignants-chercheurs, administrateurs, étudiants et partenaires externes), et d’une analyse thématique assistée par Nvivo, l’étude mobilise une double approche : une analyse horizontale des interactions entre dimensions de gouvernance et une analyse verticale des chaînes causales menant à la performance.
Les résultats mettent en évidence un écart significatif entre gouvernance formelle et pratiques réelles, structuré par des mécanismes informels (réseaux personnels, logiques de réciprocité, décisions pré-validées) qui conditionnent l’activation de mécanismes intermédiaires tels que la confiance, la coordination et l’engagement des acteurs. L’étude montre que la performance organisationnelle ne dépend pas directement des dispositifs formels, mais de leur appropriation effective et de leur transformation en pratiques opérationnelles.
Ces résultats contribuent à une compréhension processuelle et contextualisée de la gouvernance universitaire, en soulignant le rôle central des mécanismes intermédiaires et des dynamiques informelles dans la production de la performance. Sur le plan managérial, ils invitent à repenser les dispositifs de gouvernance en intégrant les réalités organisationnelles vécues.
Mots-clés : gouvernance ; performance organisationnelle ; mécanismes intermédiaires ; informalité; université publique.
ABSTRACT
The relationship between governance and organizational performance in Moroccan public universities has been predominantly examined through quantitative approaches, leaving limited insight into the underlying processes that shape this relationship. This study adopts a qualitative and interpretive perspective, based on an in-depth case study of Université Ibn Zohr. Drawing on eight semi-structured interviews with diverse stakeholders (faculty members, administrators, students, and external partners), and a thematic analysis supported by NVivo, the study applies a dual analytical approach: a horizontal analysis of interactions between governance dimensions and a vertical reconstruction of causal chains leading to performance.
The findings reveal a significant gap between formal governance structures and actual practices, shaped by informal mechanisms such as personal networks, reciprocity logics, and pre-validated decisions. These mechanisms play a critical role in activating intermediate processes, including trust, coordination, and actor engagement. The study demonstrates that organizational performance is not directly driven by formal governance arrangements, but rather by their effective appropriation and operationalization.
These results contribute to a processual and context-sensitive understanding of university governance, highlighting the central role of intermediate mechanisms and informal dynamics in shaping performance outcomes. From a managerial perspective, the findings call for a rethinking of governance frameworks that better integrate lived organizational realities.
Keywords: governance ; organizational performance ; intermediate mechanisms ; informality ; public university.
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