La digitalisation financière et la mobilisation des recettes fiscales au Maroc : Une analyse des cointégrations et de la dynamique à court et long terme
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.20120272Résumé
Résumé
Le présent article analyse empiriquement la relation entre la digitalisation des usages financiers et les recettes fiscales au Maroc. L’inclusion financière y est appréhendée à travers sa dimension opérationnelle, centrée sur la digitalisation des services bancaires et notamment les paiements digitaux. Cette focalisation se justifie par le rôle croissant de ces instruments dans la traçabilité des transactions économiques, laquelle favorise une meilleure identification des assiettes fiscales. Sur le plan méthodologique, l’estimation repose sur le modèle autorégressif à retard échelonné (ARDL), choisi pour sa capacité à examiner simultanément les relations de cointégration à long terme et les mécanismes d’ajustement de court terme entre les variables étudiées sur la période 2011(T1) – 2024(T4).
En termes de résultats, le modèle retenu dans cette étude met en évidence une relation de long terme entre la digitalisation des usages financiers, le PIB réel et les recettes fiscales, confirmant que le développement des paiements digitaux contribue positivement à la mobilisation des ressources publiques. L’analyse dynamique révèle une correction rapide des déséquilibres : 70,66 % des écarts de court terme sont résorbés à chaque trimestre. Cette vitesse d’ajustement démontre que la digitalisation des services bancaires ne relève pas uniquement d’une logique d’inclusion sociale, mais s’impose comme un levier structurel de performance budgétaire. En explicitant ces canaux de transmission, cette étude enrichit la littérature empirique et fournit aux pouvoirs publics des éléments d’analyse concrets pour concevoir des politiques fiscales coordonnées, aptes à renforcer l’efficacité du système tout en accompagnant la transition numérique.
Mots clés : Paiement digital, services financiers digitaux, recettes fiscales, ARDL
Abstract
This article empirically examines the relationship between the digitalization of financial practices and tax revenues in Morocco. Financial inclusion is analyzed through its operational dimension, with a focus on the digitalization of banking services, particularly digital payments. This focus is justified by the growing role of these instruments in ensuring the traceability of economic transactions, which facilitates a more accurate identification of tax bases. The Moroccan context provides a relevant framework for assessing how financial technology reforms directly affect state revenue collection mechanisms.
Methodologically, using quarterly data from 2011 (Q1) to 2024-Q4), the analysis employs the robust Autoregressive Distributed Lag (ARDL) model, carefully selected for its capacity to simultaneously examine long-run cointegration relationships and short-run adjustment mechanisms among the studied variables.
In terms of findings, the retained model reveals a long-run cointegration relationship between the digitalization of financial practices, real GDP, and tax revenues, confirming that the expansion of digital payments contributes positively to public resource mobilization.
The error correction mechanism indicates a rapid adjustment process with 70.66% of short-term deviations are absorbed each quarter. This adjustment speed suggest that the financial digitalization constitutes a structural driver of fiscal performance, extending beyond its role in social inclusion, emerging as a structural lever for sustained budgetary performance.
This study contributes to the empirical literature and provides policymakers with actionable insights to design coordinated fiscal implications of financial technology. Such recommendations emphasize the need for institutional coordination to maximize fiscal gains from technological adoption and enhance overall tax system efficiency.
Keywords: Financial digitalization; Digital payments; Tax revenues; Cointegration, ARDL model
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